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Bien

Le Grand Jacques

A chaque grand homme son surnom, pour Brel, c’est le Grand Jacques -d’ailleurs le titre de l’une de ses chansons-. Jacques Brel , c’est tout d’abord le belge le plus connu chez nous, né à Bruxelles, c’est tout de même en France qu’il décidera de finir ces jours. Il voit le jour  en 1929, et décède à l’âge de 49 ans d’un cancer des poumons, à l’époque la cigarette ne tuait pas officiellement. Quant à savoir ce qu’était son enfance et sa vie, je vous laisse vous référer à d’autres sources, répéter ce qui a été dit, ne m’intéresse que moyennement. Il est d’ailleurs étonnant, qu’aucun réalisateur ne se soit encore penché sur le destin de cet homme qui a su mettre en avant son talent, contrairement à d’autres, comme notre fameux Johny, qui ont d’abord misé leur carrière sur leur physique de jeune premier.

C’est l’un des artistes les plus présents de ma culture musicale, et je tends à penser qu’il l’est un peu pour tous, au moins pour ces titres les plus connus. Auteur et chanteur, c’est à lui qu’on doit une bonne dizaine de chansons de notre mémoire musicale commune. Qui n’a jamais chanté, un soir, plus d’une pinte sifflée :  » les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête... » ? Qui n’a jamais vu le front dégoulinant de Brel quand il chante « le port d’Amsterdam » ? Vesoul, La valse à mille temps, Quand on n’a que l’amour… J’espère que ces moments font partie de la boite à souvenirs de chacun, de mon côté, c’est toujours avec émotion qu’il m’est arrivé d’entonner en chœur une de ces chansons.

Dans les grands classiques, connus par les gens de mon âge, on retrouve les chansons que je viens de citer. Quant aux plus avertis, il a du leur arriver de découvrir au détour d’un vinyl, quelques perles de Brel. Dans les plus connues, il y a Les bonbons, dans un registre pathétique, c’est avec humour qu’il aborde la séduction, mais surtout un homme désespéré, prêt à tout pour avoir une fille à son bras. Toujours dans la galanterie, sans utiliser un vocabulaire grossier, le grand Jacques, aborde toute une série de déboires amoureux. Parmi les chansons qui partagent ce répertoire, je ne peux que vous conseiller d’écouter, Mathilde, mais surtout Ces gens-là.

commentaire présent pour cette vidéo :  » Personnellement, j’ai la vingtaine, je n’écoute quasiment que du rap, mais je trouve Jacques Brel vraiment exceptionnel.  » Une remarque qui me conforte dans mon sentiment d’universalité des chansons de Brel.

Cette chanson est tout ce que j’aime chez le grand Jacques, du pathétique imagé, on voit très bien la situation, on imagine, on se trouve face à ce tableau sinistre, à cette famille qui n’en est pas une. Mais heureusement, il y a Frida, et rien qu’au ton de sa voix, on sent cette odeur de bonheur, les fourmillements dans son ventre. Brel a cette passion dans ses chansons, cet élan dans la voix qui rend vivantes ses chansons.

Dans un registre comique, dans un univers que les plus de 30 ans connaissent, Au suivant, reprise par -M- notamment, cette chanson raconte à quel point le service militaire, la façon dont y était traité les jeunes, a une incidence sur leur vie. La version du fils Chédid est plutôt sympathique, sans pour autant massacrer la chanson, il lui donne un coté rock appréciable ; même si puriste que je suis, je penche toujours pour la version de Brel, chez qui on vit vraiment cette situation, chez qui l’élan dans la voix reprend le dessus quand il s’agit de dramatiser une situation.

Dans un autre registre, Au printemps, il y dépeint toujours une émotion, mais sans être cette fois dans le pathétique, c’est une émotion légère, une impression que l’on partage ou non. Tout est dans les paroles :

Au printemps, au printemps,

Et ton cœur et mon cœur sont repeints au vin blanc.

S’il en était d’autres de Brel, ce serait celles de cette playlist, certaines reprises étant plutôt réussies.

Comme vous avez pu le comprendre, Brel, c’est une partie de ma discothèque, c’est une de mes bande-son, de mes voyages en voiture, de mes révisions et d’autres choses encore. Une chanson pour chaque situation. Et un jour, lorsque j’ai évoqué écouter Brel en boucle, quelqu’un m’a dit  » ça ne doit pas être gai « , détrompez-vous, Brel a dans chacune de ces chansons une dose d’humour qui fera sourire les plus attentifs.

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. Photo du jour .

Monet - Cathédrale. Musée des Beaux arts de Rouen

Et si l’on rêvait d’art…


[ Daddy… – Robyn Orlin ]

Jeudi 17 Mars 20h / Scenationale

Lorsque l’on entre dans la salle, c’est par la construction du plateau que l’on est le plus surpris. Une scène carrée, au milieu de la pièce, surélevée d’un mètre, où le spectacle a déjà commencé. Aucun banc pour s’asseoir, c’est à même le sol que les spectateurs posent leurs fesses, sans savoir que ce rôle n’est pas celui qui leur sera demandé…

Daddy...

 

Robyn Orlin est une chorégraphe, danseuse, Sud-Africaine blanche ; surnom : « l’irritation permanente ». Cette pièce « Daddy, I’ve seen this piece six times before and I still don’t know why they are hurting each other” a été créée en 1998 à Johannesburg afin de témoigner du sentiment de post-apartheid qui pesait sur la ville, ce fut un réel succès et Robyn reçu pour celle-ci plusieurs prix.

C’est au cœur d’un savant foutoir que 6 acteurs-danseurs évoluent, entre la danse et le théatre on ne sait sur quel pied danser. C’est une troupe qui attends son chorégraphe, et pendant ce temps chacun lutte pour occuper l’espace scénique, quand au milieu de cette pagaille, Gerard Bester essaye d’arranger les choses. Gerard c’est celui qui s’occupe des transitions, des répètes, il danse, il dirige (du moins essaie).

La disposition de la salle entraine une égalité de tous face à la pièce, on se retrouve sans place numérotée ce qui amène de l’inconfort à tous, des écrans de télés suspendus aux 4 coins de la scène permettent de visualiser cette dernière de haut. Et c’est à travers cette scénographie maladroite mais originale, que les acteurs impliquent chacun des participants, tantôt pour demander de l’argent afin de financer un ballet de canards en plastique (critique du ballet classique), tantôt pour trouver une femme ou tout simplement pour inviter quelques uns à danser sur scène.

C’est dans l’enchainement bordélique de scénettes que Robyn Orlin dénonce les difficultés financières, matérielles, temporelles qu’elle a traversé pour vivre de son art. Elle nous invite aussi à nous interroger sur les problèmes politiques qu’ont traversés son pays après l’apartheid, les tensions raciales entre noirs et blancs, la lutte entre les arts.

C’est en ne voulant pas tomber dans l’émotionnel qu’elle implique le spectateur sur le ton de l’humour dans une démystification de l’art, du rapport artiste/public, de la figure de l’artiste…

Pour ceux qui sont allergiques à la culture, précipitez vous,

Pour ceux qui en sont amoureux, régalez vous

 


. Photo du jour .

Plage de Malo les bains

Je suis plein du silence assourdissant d’aimer  – Aragon –

 

C’est le paysage que j’apercevais tous les matins avant d’aller en cours, c’est ce que j’ai vécu  10 mois. Une atmosphère détendue, qui se suffit à elle même, inspirant le bonheur. Le vent marin qui crée une pagaille capillaire, puis, automatiquement un sourire charmé. Cette plage me manque, cette ville, cette vie. J’étais à 5 minutes du bonheur, j’en suis aujourd’hui à 280 kms. J’ai eu par jour plus que l’apport en bonheur conseillé, la désintox est raide…

Je vous conseille Dunkerque, et je vous l’envierai, elle est simple, chaleureuse et envoutante. Ne vous laissez pas prendre au piège…


[ David Burnett ]

David Burnett

Mis à l’honneur dans le dernier livre de Reporters Sans Frontières, pour la liberté de la presse ; Burnett est un photographe de notre époque. Contemporain par les dates, il l’est aussi dans les sujets qu’il photographie. C’est un reporter, au cœur de l’action, dans l’instant où la chose se passe, il déclenche et fixe l’image.

Né en 1946 à Salt Lake City (US), il intègre l’agence de photo Gamma en 1973. Il travaille actuellement au sein de l’agence Contact Press Image, qu’il a fondé en 1976 avec Robert Pledge, journaliste franco-britannique.

Politique

Présent sur beaucoup d’événements politiques, il suit les élections présidentielles autant dans son pays que dans le notre. Obama, Kennedy, Bush, Clinton, mais aussi Fidel Castro, Gorbatchev, Mitterand,… Il prend le cliché de la première rencontre officielle entre Mikhail Gorbatchev et Ronald Reagan. Présent pour les élections présidentielles en France, il s’immisce chez VGE, pour attendre les résultats avec lui..

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Société

Conscient du monde qui part à la dérive, depuis une trentaine d’années il est présent sur les guerres, les lieux de catastrophes climatiques ou encore sur les événements de société, des rassemblements : Lancement d’Apollo 11, mariage de Lady Di, commémoration du D-Day,… Il va à la rencontre de la pauvreté, se confronte avec la vérité du monde : Génocide au Cambodge, révolte en Iran, la sécheresse au Niger…

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Sports

Dans un style moins engagé, on retrouve Burnett sur toutes les grandes manifestations sportives, comme les Jeux Olympiques. Sachant bien qu’il n’est pas là comme tous les autres, il n’attends pas une photographie du record ; il prend le sport avec un autre aspect, humain. Présent à Pékin, Athènes, Salt Lake City, Atlanta, où il prend Marie José Perrec lors de sa victoire au 400m. A Barcelone, il réalise un de ses plus impressionnants cliché sportif, Fu Mingxia, plongeuse chinoise, parallèle à la piscine. JO d’Atlanta, il prend Mary Decker, après sa chute, le désespoir au visage.

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Si Burnett est reconnu dans le milieu, c’est par sa qualité d’humain,  il ne prend jamais les choses de haut, les retranscris telles qu’il les voie. Il fait un impressionnant travail de profondeur de champ, le flou envahi parfois ses photos laissant une maigre place à la netteté, qui met tout de suite en avant le sujet de sa photographie. Il laisse transparaitre une intensité des couleurs dans ses clichés, utilisant d’anciens appareils photo, il revient aux sources de cet art ; une marque d’humilité.


[ La Piaf ]

Mon légionnaire – Edith Piaf

« C’est merveilleux quand on est amoureux.« 

Edith Piaf (1915-1963)

Piaf, c’est l’image de la petite femme, mince, fluette, courbée par le poids de la vie. C’est un petit bout de femme, dont la voix porte, pas seulement au niveau sonore, mais aussi dans les paroles de ses chansons, dans l’émotion qu’elle transporte.

C’est l’icone même de la chanson française, mais la vraie, celle des vynils, de la mélodie qui grésille, des textes pas trop superflus et de l’époque où le physique ne dictait pas ce qu’on pouvait chanter ou non. C’est la femme qui a tout vécu, la tristesse, la joie, l’amour, sa perte. C’est surement grâce à cela, qu’elle interprète si bien chaque sentiment. Chacune de ses chansons parle de l’amour, le plus souvent, l’amour perdu, celui qui s’enfuit ; à la fois pathétique, elle est touchante, on la prends en pitié, et elle résume si bien les maux qui emplissent nos coeurs.

Pour ce qui est du film « La môme » d’Olivier Dahan, avec Marion Cotillard, qui fut primé, archi-primé. On aime ou non, on ne peut nier l’invraisemblable travail de maquillage, les images sont belles, bien filmées. Mais lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai détesté, j’aime la femme, j’aime l’artiste, mais le film est fait de telle façon qu’on perd vite le fil de l’histoire, les passages ne se suivant pas chronologiquement. Lors du second visionnage, n’étant plus surprise par l’enchainement de l’histoire, j’ai aimé, admiré, adoré. Mais ce film, je le regarderai les yeux fermés, ce qui compte c’est la bande-son.

 » Mais j’m’en fiche du plus tard, j’veux penser au présent «