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[ murmurer ]

Et puis un jour, je murmurerai à l’oreille de quelqu’un l’amour dont je regorge et les folies dont je suis capable. Les rêves auxquels j’aspire et les moments de doute, les moments d’espoir. Et puis, à la campagne, allongée dans un champ de blé, je prendrai le soleil, à l’ombre d’une vache. Les choses n’ont pas toujours de suites logiques, le fil de la vie c’est des conneries.

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Another think

Les genoux écorchés et les paumes incrustées de gravier, y’a pas qu’à 6 ans qu’on a les jambes éraflées, mais y’a qu’à cet âge que l’on dessine des oursons à l’éosine pour soigner ses blessures. Aujourd’hui les blessures sont plus compliquées, le curochrome ne suffit pas, et ça dure parfois des mois, des années ; ça  nous réveille la nuit et ça nous suit la journée.


Humeur

 

Et ce soir je me sens comme quand j’étais enfant, l’ivresse du soir et des jours qui passent vite, parce que bien remplis, parce que plein de bonheur, l’impression que la journée s’est passée au mieux, que rien d’autre ne suffirait à ce qu’elle soit bonne.


Le Grand Jacques

A chaque grand homme son surnom, pour Brel, c’est le Grand Jacques -d’ailleurs le titre de l’une de ses chansons-. Jacques Brel , c’est tout d’abord le belge le plus connu chez nous, né à Bruxelles, c’est tout de même en France qu’il décidera de finir ces jours. Il voit le jour  en 1929, et décède à l’âge de 49 ans d’un cancer des poumons, à l’époque la cigarette ne tuait pas officiellement. Quant à savoir ce qu’était son enfance et sa vie, je vous laisse vous référer à d’autres sources, répéter ce qui a été dit, ne m’intéresse que moyennement. Il est d’ailleurs étonnant, qu’aucun réalisateur ne se soit encore penché sur le destin de cet homme qui a su mettre en avant son talent, contrairement à d’autres, comme notre fameux Johny, qui ont d’abord misé leur carrière sur leur physique de jeune premier.

C’est l’un des artistes les plus présents de ma culture musicale, et je tends à penser qu’il l’est un peu pour tous, au moins pour ces titres les plus connus. Auteur et chanteur, c’est à lui qu’on doit une bonne dizaine de chansons de notre mémoire musicale commune. Qui n’a jamais chanté, un soir, plus d’une pinte sifflée :  » les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête... » ? Qui n’a jamais vu le front dégoulinant de Brel quand il chante « le port d’Amsterdam » ? Vesoul, La valse à mille temps, Quand on n’a que l’amour… J’espère que ces moments font partie de la boite à souvenirs de chacun, de mon côté, c’est toujours avec émotion qu’il m’est arrivé d’entonner en chœur une de ces chansons.

Dans les grands classiques, connus par les gens de mon âge, on retrouve les chansons que je viens de citer. Quant aux plus avertis, il a du leur arriver de découvrir au détour d’un vinyl, quelques perles de Brel. Dans les plus connues, il y a Les bonbons, dans un registre pathétique, c’est avec humour qu’il aborde la séduction, mais surtout un homme désespéré, prêt à tout pour avoir une fille à son bras. Toujours dans la galanterie, sans utiliser un vocabulaire grossier, le grand Jacques, aborde toute une série de déboires amoureux. Parmi les chansons qui partagent ce répertoire, je ne peux que vous conseiller d’écouter, Mathilde, mais surtout Ces gens-là.

commentaire présent pour cette vidéo :  » Personnellement, j’ai la vingtaine, je n’écoute quasiment que du rap, mais je trouve Jacques Brel vraiment exceptionnel.  » Une remarque qui me conforte dans mon sentiment d’universalité des chansons de Brel.

Cette chanson est tout ce que j’aime chez le grand Jacques, du pathétique imagé, on voit très bien la situation, on imagine, on se trouve face à ce tableau sinistre, à cette famille qui n’en est pas une. Mais heureusement, il y a Frida, et rien qu’au ton de sa voix, on sent cette odeur de bonheur, les fourmillements dans son ventre. Brel a cette passion dans ses chansons, cet élan dans la voix qui rend vivantes ses chansons.

Dans un registre comique, dans un univers que les plus de 30 ans connaissent, Au suivant, reprise par -M- notamment, cette chanson raconte à quel point le service militaire, la façon dont y était traité les jeunes, a une incidence sur leur vie. La version du fils Chédid est plutôt sympathique, sans pour autant massacrer la chanson, il lui donne un coté rock appréciable ; même si puriste que je suis, je penche toujours pour la version de Brel, chez qui on vit vraiment cette situation, chez qui l’élan dans la voix reprend le dessus quand il s’agit de dramatiser une situation.

Dans un autre registre, Au printemps, il y dépeint toujours une émotion, mais sans être cette fois dans le pathétique, c’est une émotion légère, une impression que l’on partage ou non. Tout est dans les paroles :

Au printemps, au printemps,

Et ton cœur et mon cœur sont repeints au vin blanc.

S’il en était d’autres de Brel, ce serait celles de cette playlist, certaines reprises étant plutôt réussies.

Comme vous avez pu le comprendre, Brel, c’est une partie de ma discothèque, c’est une de mes bande-son, de mes voyages en voiture, de mes révisions et d’autres choses encore. Une chanson pour chaque situation. Et un jour, lorsque j’ai évoqué écouter Brel en boucle, quelqu’un m’a dit  » ça ne doit pas être gai « , détrompez-vous, Brel a dans chacune de ces chansons une dose d’humour qui fera sourire les plus attentifs.


. Photo du jour .

Monet - Cathédrale. Musée des Beaux arts de Rouen

Et si l’on rêvait d’art…


[ Mon père est femme de ménage ]

Mon père est femme de ménage

 » ça veut dire que tu regardes plus souvent le sol que le ciel et que ça t’empêche pas de marcher dans la merde « 

Mon père est femme de ménage, c’est une bande annonce plutôt attirante, le prix du public au festival international du film de comédie à l’Alpe d’Huez et un casting assez bien choisi : François Cluzet , mais surtout Jérémie Duvall que l’on a découvert dans Le fils à Jo. Des dialogues pas trop mal ficelés, et des répliques cinglantes, drôles ; c’est à peu près tout ce qu’offre ce film. Malgré une situation initiale qui offre des tas de promesses, le reste du film est une succession de moments drôles sans vraiment de fond ; et une fin plus que rédibitoire pour accéder aux films qui peuvent être classés dans « Quoi en penser ? « 

Le personnage principal, Polo, 16 ans, vit sa vie de collégien, et partage le reste de son temps avec sa famille : une sœur obsédée par les élections de miss, une mère alitée qui passe ses journées devant la télé et son père, femme de ménage. Les stéréotypes s’inversent, il y avait de la matière, mais le soufflé se dégonfle. A vrai dire, on n’est pas à regarder sa montre, impatient de pouvoir enfin sortir de la salle, mais on ne comprends où veut en venir la réalisatrice, et on la sait irrattrapable une fois que le générique défile. Elle racontait quoi l’histoire au fond ? Rien.

Selon la réalisatrice Saphia Azzeddine, il s’agit d’une comédie sociale. A vrai dire cette écraivaine de trois bouquins, actrice dans la dernière daube l’Italien et réalisatrice pour la première fois sur ce film, n’a pas la carrure pour réaliser un chef d’oeuvre. Ce n’est bien sur pas sur ce CV que je m’appuie, mais sur une interview qu’elle donne à propos de ce film.  » Comédie sociale  » insinue un minimum de conviction à défendre, elle définit ainsi sa réalisation parce que c’est de « l’humour qui n’est pas bête, qui cherche à faire passer un message » ; le seul message qu’il est possible de comprendre c’est qu’à l’adolescence il est normal de ne pas se sentir à sa place. Toute personne de plus de 17 ans, l’a bien compris.

Il n’est pas dans mes habitudes de dénigrer un film, je reconnais toujours, et là aussi, le travail de création. Saphia Azzeddine a adapté un de ses livres pour ce film, il doit être grisant de pouvoir faire une telle chose, mais il est important de réfléchir que réalisateur est un métier qui s’apprend. Une lacune qu’elle reconnait dans cette interview à travers l’aveu qu’elle n’a jamais suivi de cursus cinématographique. En plus d’être assez mal réalisé, avec une bande son qui n’est même pas potable, la réalisatrice semble voir la vie en rose en voulant dénoncer les classes sociales et l’imperméabilité de celles-ci, les blagues racistes et antisémites, qu’elle même semble découvrir alors que la majorité de ses spectateurs les connaissent au quotidien.

Je ne vous conseille pas de le voir, mais je tiens à souligner la prestation de François Cluzet, qui avec l’expérience qu’il a acquis n’est plus une surprise. Mais surtout celle de Jérémie Duvall, qui signe dans ce second film une prédisposition à devenir une tête bien connue du cinéma français, très bon acteur, il ne devrait pas se faire de souci pour son avenir.

Ce film est drôle, sans pour autant en verser quelques larmes hilares. Une fois ce film vu il est facile d’affirmer que la réalisation n’est pas l’affaire de tout le monde.


[ Et soudain tout le monde me manque ]

La famille, le cinéma en aura fait le tour, c’est un domaine dans lequel je m’y connait mais surtout dans lequel je me complais cinématographiquement parlant. Les films que je préfère abordent le sujet, notamment Le premier jour du reste de ta vie. Si ce n’est pas par le sujet en lui même que je suis conquise, c’est surtout par l’originalité de chaque famille. J’y trouve des ressemblances avec la mienne mais surtout dans ce qu’elle aurait pu être. Plus que la famille, c’est l’amour qui préoccupe les réalisateurs et scénaristes, la quête de ce dernier, le besoin de le garder, comment réagir quand il s’en va. La famille et l’amour, sont les deux sujets principaux de Et soudain, tout le monde me manque.

Certains trouveront le thème déjà visité, mais c’est avec une certaine originalité dans l’essence même des personnages que l’histoire se joue. Sous des airs de père absent, Eli soit Michel Blanc, veille sur sa famille à sa façon, quitte à passer pour un pervers, avec ses obsessions bien à lui. A 60 ans, il entame, avec sa dernière femme, une grossesse ; une nouvelle qui surprend ses deux filles :  Dom (Florence Loiret-Caille) et Justine (Mélanie Laurent). La première cherche à adopter, la seconde se cherche.

C’est avec brio que Jennifer Devoldere réalise ce film, ayant déjà travaillé avec Mélanie Laurent dans Jusqu’à toi, elle lui offre une fois de plus un rôle taillé à son talent. Les idées présentent dans ce long métrage sont bien trouvées, notamment pour les oeuvres de radiologie d’Hugh Turvey, les dialogues sont soignés, les répliques drôles, quant à l’esthétique même du film, j’aime. Sans rentrer dans le style de Les amours imaginaires, ont est dans une esthétique des émotions, lorsque le coeur bat à s’en rompre, la lumière s’estompe et se renforce, lorsqu’il serait bon de pleurer, il pleut. D’ailleurs, il fait plaisir de voir un film où il pleut plus qu’il ne fait beau, un petit air de Normandie…

Ce film est un divertissement tout à fait honorable, malgré quelques fausses notes dans le choix des acteurs secondaires, j’aime à voir qu’on peut faire des films sans que ce soit des blockbusters américains, ni des niaiseries typiquement françaises, ni même des courses de voitures. J’aime pouvoir sentir que je pourrais avoir ma place dans le film, ici, c’est le cas, du quotidien qui n’en ressemble en rien parce que plein de poésie, de situations grotesques et d’humour.

De plus, un petit Nina Simone dans la bande-son n’a jamais fait de mal à personne.